hommage a romain carlier de compiegne

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hommage a romain carlier de compiegne

Publié il y a 4 mois par

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Brûlé à 80% dans un accident, il témoigne : «J'ai la rage de vivre»

05 janvier 2018, 2h23 | MAJ : 05 janvier 2018, 12h01

Stade Jean-Bouin (Paris), samedi. Romain Carlier a assisté au match Stade Français - Bordeaux-Bègles depuis le banc parisien.

DR

Romain Carlier, rugbyman de Compiègne (Fed. 3), brûlé à 80 % le 25 avril dans un accident du travail. Son pronostic vital n'est plus engagé et il est actuellement en rééducation.

Il a frôlé la mort. Le 25 avril, Romain Carlier, le jeune (27 ans) arrière de Compiègne (Féd. 3) avait été plongé dans un coma artificiel après avoir été enseveli sous 7 t d'enrobé bitumeux (150 °C à 180 °C) sur un chantier. Brûlé à 80 %, il avait été héliporté à l'hôpital d'instruction des Armées Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), où il a subi une vingtaine d'opérations. Redevenu conscient en juin, celui dont le pronostic vital n'est plus engagé est en rééducation à Coubert (Seine-et-Marne). Pour la première fois, Romain Carlier s'exprime sur le combat qu'il a mené pour survivre.

Comment allez-vous ?

Romain Carlier. Je me sens bien dans ma tête, et mieux dans mon corps. Je peux marcher avec un déambulateur, que j'espère définitivement abandonner la semaine prochaine. Aujourd'hui (hier), on a essayé avec des béquilles. C'était fantastique.

Vous êtes un miraculé...

J'en suis conscient, mais je n'ai rien fait qui soit hors du commun. La vie est dure, il faut se battre. De toute façon, je n'ai plus que ça à faire. Cette force, je l'ai en moi depuis toujours. Tout est possible avec de la volonté. J'ai la rage de vivre.

N'avez-vous jamais été découragé ?

La rééducation est tellement fatigante... Parfois, je n'ai pas envie de sortir du lit, mais je dois continuer de repousser mes limites. Quand je suis arrivé à Coubert, je pesais à peine 50 kg. Maintenant, je suis à 80 kg. Je redeviens un homme...

«J'ai failli aller au bout du tunnel»

Vous souvenez-vous de l'accident ?

Oui, je n'avais pas perdu connaissance. Je travaillais derrière un camion, et je me suis retrouvé enseveli sous du goudron. J'en avais jusqu'aux pectoraux. Le Samu m'a aspergé d'eau, ce qui m'a sauvé la vie. La douleur était immense, il arrive qu'elle me transperce encore.

Vous avez ensuite été plongé dans un coma artificiel, puis héliporté à l'hôpital...

Dans l'hélicoptère, j'ai vu la lumière. Je ne sentais plus rien, et j'ai failli aller au bout du tunnel. J'ai complètement lâché prise. Le Samu m'a endormi, la lumière s'est envolée. Ensuite, c'est le trou noir...

En juin, vous êtes redevenu conscient. Qu'avez-vous ressenti ?

J'étais tétanisé. J'ai beaucoup pleuré en me disant : Ça s'est vraiment passé. Je ne savais même pas si j'avais encore mes bras et mes jambes. A ce moment-là, je passais mes journées à méditer sur la beauté de la vie, et la façon dont j'ai frôlé la mort.

Vous avez ensuite retrouvé la parole en juillet...

Mes premiers mots ont été pour ma femme, au téléphone : Ne t'inquiète pas mon bébé. Tout va bien. Je suis de retour. On se voit bientôt. Son amour, ainsi que le soutien indéfectible de mes amis, a largement contribué à ma survie.

«Les messages de soutien m'ont boosté»

Le drame a engendré un impressionnant élan de solidarité dans le monde du rugby...

Mon frère m'a donné une clé USB avec les messages de soutien. J'ai envie de pleurer à chaque fois que je regarde les photos et vidéos. Wilkinson, Moscato, Bastareaud... C'est tellement immense. Tout cela m'a boosté, je me disais : Il faut absolument que je sorte d'ici, que je remarche et profite de la vie.

Damien Traille, ex-international français s'est même déplacé pour vous voir...

C'était énorme, mais je me demandais ce qu'il faisait là. Je ne suis qu'un type normal, discret. Après, c'était une preuve de plus que tout le monde croit en moi. Je veux rendre le soutien qu'on m'a accordé en ne décevant personne...

Songez-vous à rejouer au rugby ?

C'est mon souhait le plus fou ! Si j'arrive à remarcher, j'arriverai bien à recourir ! Dans mes rêves, je fais des matchs avec Compiègne. Après, il faut aussi être lucide. Quand je me regarde, je me dis que le chemin est encore très long...

Vous avez récemment assisté à un match du Stade Français...

J'étais comme un gamin. J'ai rencontré les joueurs. Ils ne cessaient de me dire : Romain, tu es un mec en or, ce que tu fais est extraordinaire. Ces paroles, je ne les oublierai jamais...

Le Parisien

 


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